Lebanese connection: Le Renvoi D'une Quinzaine de Personnes Requis

 

Joumana Gebara

President and CEO of MEA - MidEastAnalyst  

 

France arrests 15 individuals part of Hezbollah's drug and money laundry network

The French daily Le Nouvel Observateur reported on the involvement of the Lebanese cell in the smuggling of drugs and money laundering in Europe in general and France in particular, pointing out that this cell of 15 people Hezbollah.

In an article by Vincent Meunier, the Paris prosecutor issued a decision to arrest 15 wanted men in a case known as Cedar, a large network of money laundering for Colombian drug smugglers in Europe through secret Lebanese bankers. Europe and France, "pointing out that" the Colombians wanted to re-drug trafficking in Europe and hide their money through the transfers of Cedar network, "noting that" and behind this Lebanese network the name of "Hezbollah" is hiding.

The Colombian network has been operating since 2012 by sending cocaine containers to Europe. In 2016, the first cell known for its relationship with the Lebanese was captured.

According to the newspaper, "the prosecutor of Paris, has issued a decision to arrest a network called "Cedar" to refer to the Lebanese cedar because of the relationship of the Lebanese, including smugglers and drug dealers and depositors of funds," asserting the presence of four people from the cell in custody, "The money laundry operations took place through the sale of cocaine in Europe and then buy jewelry with these funds and transfer them to Lebanon and Africa and then sell these goods and send money to Colombia through banking companies."

The newspaper revealed that "the network administrator named Mohammed Ammar, nicknamed Alix, 32, who lives between Colombia, Lebanon, Dubai and the United States, was arrested in Miami in October 2016 after suspicious banking activity, and in February 2015, his brother was arrested in Switzerland with the amount of 870,000 euros, and in the same month, two people were arrested in contact with his wife in the Netherlands with two million euros, "noting that after his arrest confessed to the cell he formed with Lebanese," explaining that the basic method of smuggling drug money was They are bought through expensive items and transported to another country and then sold.

 The newspaper revealed the involvement of Lebanese names in the same cell, namely "Ali G." Abdul M, Mohammad Ali, and Mohammed N.

INFO OBS. Le parquet de Paris vient de requérir le renvoi d’une quinzaine de personnes dans l’affaire Cedar, un vaste réseau de blanchiment de l’argent des cartels colombiens en Europe via des banquiers occultes issus de la diaspora libanaise.D’un côté, des narcotrafiquants colombiens désireux de rapatrier depuis l’Europe les espèces issues du trafic de cocaïne sans attirer l’attention. De l’autre, des banquiers occultes, des "saraf" issus de la communauté libanaise, capables de faire transiter des fonds importants sous les radars en s’appuyant sur le système Hawala, des réseaux communautaires de collecte, de transport et de compensation. Et au milieu, l’ombre du Hezbollah.

En janvier 2016, les policiers de l’Office central de lutte contre la grande délinquance financière (OCRGDF) démantelaient au terme d’une opération menée avec la DEA américaine (Drug Enforcment Administration) et plusieurs services européens, un important réseau de blanchiment de l’argent des cartels colombiens sur le vieux continent, interpellant notamment plusieurs de ses membres lors de leur venue à Paris où certains avaient leurs habitudes dans les palaces de la capitale. A l’époque, la presse l’avait surnommé la "lebanese connection". Une affaire emblématique : opérationnel depuis 2012, le réseau aurait fait transiter plusieurs dizaines de millions d’euros par an, oeuvrant notamment pour un dénommé "El Chapulin", trafiquant colombien notoire, responsable de l’envoi de plusieurs containers contenant de la cocaïne depuis le Mexique vers l’Europe.

Selon nos informations, le parquet de Paris vient de requérir dans cette affaire dite "Cedar", une référence au cèdre, l’emblème du Liban, le renvoi vers le tribunal correctionnel de quinze personnes : des collecteurs, des blanchisseurs, des compensateurs, pour des faits de blanchiments d’importation et de trafic de stupéfiants, ainsi qu’association de malfaiteurs, évoquant dans son réquisitoire définitif un réseau "particulièrement structuré et organisé". Quatre membres du réseau font actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt. Une fois collectées aux quatre coins de l’Europe, les espèces provenant du trafic de cocaïne servaient dans un premier temps à l’achat de montres, de bijoux ou de voitures de luxe, lesquels étaient ensuite acheminés puis revendus au Liban ou en Afrique de l’Ouest. Le produit de la vente partait vers l’Amérique duSud via des bureaux de change.

Montres et voitures de luxe

A la tête de la structure se trouvait Mohammad Ammar, alias Alex, 32 ans, résidant entre la Colombie, le Liban, Dubaï et les Etats-Unis. Arrêté à Miami en octobre 2016 après une opération d’infiltration, il reconnaîtra travailler notamment pour La Oficina, un cartel bien connu de Medellin, ayant repris l’activité de banquier occulte autrefois pratiquée par son père. En février 2015, son frère avait été interpellé en Suisse en possession de 870.000 euros en liquide. Le même mois, deux "mules" en contact avec son épouse étaient arrêtées aux Pays-Bas en possession de 2 millions d’euros. Mohammad Ammar s’appuyait sur un trio de superviseurs basés au Liban, dont l’un est le mari d’une chanteuse locale bien connue, et un autre, Mohamad N., arrêté en février 2016 lors de son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le responsable d’une société de change basée à Beyrouth. Ils assuraient la coordination des collectes qu’il confiait à trois équipes différentes, issues de la diaspora libanaise en Europe, effectuant de fréquents déplacements en France, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique pour récupérer l’argent du trafic.

Pour communiquer entre eux, les protagonistes utilisaient au téléphone un langage codé basé sur des modèles de voiture : "650, la BM neuve" pour 650.000 euros à récupérer, "Une Audi 100" pour 100.000 euros. Pour passer les frontières, l’argent était dissimulé dans des caches aménagées dans les véhicules, au niveau des essuie-glaces avant ou sous le plancher. Les lieux des collectes faisaient également l’objet d’un langage codé : la Belgique était surnommée le "four", les Pays-Bas, le "moulin".

Une partie des espèces servait ensuite à acheter des voitures de luxe en France et en Allemagne auprès de sociétés dans la combine. Les véhicules étaient ensuite transportés par bateau vers l’Afrique de l’Ouest, le Liban ou Dubaï, parfois avec de l’argent liquide dissimulé dans les portières, afin d’être revendus sur place. Un autre réseau écoulait les espèces en achetant des montres de luxe valant plusieurs centaines de milliers d’euros. Celles-ci étaient acheminées par bateau ou transportées par des mules au Liban.

L’acheminement était facilité grâce à la complicité au sein de l’aéroport de Beyrouth du chef du bureau des renseignements, un général de l’armée libanaise. Cette branche du réseau des collecteurs avait à sa tête un certain Ali Z., arrêté en janvier 2016 à l’hôtel Prince de Galles, avenue George V à Paris, où il était descendu, lequel avait acheté pour près de 14 millions d’euros de montres en 2014.

L'ombre du Hezbollah

Lors de leurs auditions, la majorité des personnes impliquées à des degrés divers dans ce réseau contesteront avoir eu connaissance du fait que l’argent transporté venait du trafic de drogue. Ali Z. évoquera ainsi des fonds provenant "d’Afrique transportés par des diplomates africains". Un autre parlera d’évasion fiscale. Un troisième de l’argent d’un chanteur libyen en France. "Les conseils prodigués aux collecteurs, par ailleurs soigneusement choisis, pour échapper aux contrôles […], les moyens matériels utilisés, les précautions prises pour cacher les fonds qui étaient la plupart du temps composés de petites coupures et, enfin, l’arrestation de certains membres du réseau en possession de sommes supportant des traces de stupéfiants rendaient impossible l’ignorance de ce que les fonds collectés, transportés et convertis provenaient du trafic de stupéfiant", considère pour sa part le parquet de Paris dans son réquisitoire définitif.

Cette affaire Cedar recèle également un volet politique des plus sensibles. La DEA soupçonne les deux têtes de ce réseau de blanchiment de travailler aussi pour le compte du Hezbollah, le parti paramilitaire chiite libanais dont l’implication dans le trafic de drogue aux côtés de nombreux cartels sud-américains lui rapporterait près de 500 millions de dollars annuels. Le nom de Mohammad Ammar revient notamment dans le "Projet Cassandra", une vaste enquête menée depuis 2008 par la DEA sur les activités de la milice dans le trafic de drogue [le site Politico vient de révéler que la présidence Obama aurait freiné cette enquête pour ne pas nuire à la signature de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, principal soutien du Hezbollah, NDLR]. Dans le téléphone de Mohamad N., considéré lui-aussi par la DEA comme un associé du Hezbollah, les policiers ont ainsi découvert le numéro de Mohamad Ali, un individu interpellé en juin 2016 à l’aéroport d’Abidjan, alors qu’il transportait près d’un 1,7 million d’euros, une somme provenant du trafic de drogue en Afrique et destinée au parti chiite.

Plus étonnant, le réseau œuvrait également pour les frères ennemis du parti chiite. Lors de son audition, une petite main du réseau, Abdel M., ancien chauffeur de maître en France d’un homme d’affaires libanais, affirmera en outre avoir remis à Paris près de 250.000 euros en espèces à celui qui lui avait été présenté comme l’avocat libanais de la famille Hariri, chef de file des sunnites libanais. Un argument avancé par Abdel M. et Ali Z. pour contester avoir eu connaissance de l’origine illicite des fonds. Entendu par les policiers français, l’avocat en question aurait affirmé que l’argent était destiné à Fahd Hariri, le frère de Saad Hariri, le premier ministre libanais. Lui aussi fera l’objet d’une audition. Selon nos informations, Fahd Hariri aurait reconnu avoir eu recours à ce réseau de banque parallèle depuis 2014 afin d’obtenir des espèces lors de ses séjours en France, ses autorisations de retraits limitées à 25.000 euros ne couvrant pas ses besoins. Il dira toutefois ne pas connaître les protagonistes du réseau. Selon Mediapart, l’enquête concernant ce volet pour le moins embarrassant de l’affaire aurait été rapidement stoppée. Ni l’avocat ni Fahd Hariri n’ont été mis en examen dans ce dossier, ni confronté aux autres protagonistes. Par Vincent Monnier, Journalist,

https://www.nouvelobs.com/justice/20171227.OBS9822/lebanese-connection-le-renvoi-d-une-quinzaine-de-personnes-requis.html